Si Rimbaud était né un siècle plus tard, sans doute eût-il été Punk !
Révolté, opposé aux valeurs conformistes, bourgeoises et religieuses, Arthur Rimbaud le fut dès son plus jeune âge.
Dans son spectacle poétique et musical, Alain Klingler nous invite au voyage…
Né le 20 octobre 1854, et mort le 10 novembre 1891, ce poète laisse une œuvre concentrée sur quatre ans, de ses 15 ans à ses 19 ans, empreinte indélébile sur le plan littéraire et artistique dans un XIXème siècle farouchement religieux et conformiste.
On lui attribue une place prépondérante dans le mouvement Symboliste et pré-Surréaliste.
Cet archétype du « poète maudit » écrit :
« Tout le monde va à l’église, il ne reste dehors que les dépravés, les hommes en ribote (excès de table et de boisson). La messe est un interlude, le temps passe vite, une heure pendant laquelle les pauvres énoncent leurs prières, bavant leur foi mendiante et stupide à un Christ qui ne les entend pas et même qui s’ennuie. »
L’influence de Charles Baudelaire (né le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867) est indéniable !
De même Rimbaud se nourrit des œuvres de Victor Hugo, Alfred de Musset, Gérard de Nerval.
Pour ce qui est de sa vie sentimentale et de ses penchants sexuels, il ouvre une brèche dans le conformisme bourgeois et bien-pensant d’un XIXème siècle étriqué.
Ses amours tumultueuses avec Paul Verlaine, qui lui donnait le tendre sobriquet de « petit chat jaune » et de « l’homme aux semelles de vent », firent scandale, d’autant qu’elles se soldèrent par un coup de révolver de Verlaine.
Mais qu’en est-il de son regard sur les femmes ?…
Il écrit : « Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, elle sera poète elle aussi. »
Le lien avec les réflexions de Simone de Beauvoir devient une évidence !
Dans sa proposition d’un voyage au fil des poèmes de Rimbaud, Alain Klingler dénonce toute son admiration pour ce poète.
Au détour de compositions de Léo Ferré, Jean-Louis Aubert, Barbara, Patti Smith, Sapho, il nous entraîne dans l’univers torturé et passionnel d’Arthur Rimbaud.
Tantôt comédien, tantôt chanteur, Alain Klingler s’accompagne au piano, vêtu d’un pantalon rouge bordé d’un galon blanc et noir sur le côté, d’une chemise blanche, ses doigts habillés de nombreuses bagues, et son cou paré de bijoux. Une tenue de scène somme toute sobre, mais traduisant bien l’anticonformisme qui sied au poète qu’il célèbre.
Et c’est avec fluidité que s’articulent les chansons et les poèmes déclamés, ainsi que les passages narratifs.
Pour autant, le choix d’une diction quelque peu précieuse, en retenue, s’avère décalé au regard des affres qui torturèrent Rimbaud.
Mais Alain Klingler a le vaillant mérite de mettre en lumière le lien direct entre l’oeuvre de Rimbaud et maints artistes du XXème siècle, tels que Léo Ferré, Barbara, Patti Smith, Sapho, Bob Dylan, et aussi Antonin Artaud qui a dit de Rimbaud : « Rimbaud nous a enseigné une nouvelle manière d’être, de nous tenir au milieu des choses. »
Les amoureux des vibrations poétiques, qu’elles soient chantées ou déclamées, pourront apprécier ce spectacle « Déflagration Rimbaud » durant le Festival d’Avignon 2026 au Théâtre du Verbe Fou les jours impairs à 12h45.
Spectacle poétique et musical conçu et interprété par Alain Klingler.
Marguerite Romeuf