« APPELEZ-MOI MADAME GEORGE SAND », UNE PIÈCE FASCINANTE ET INCONTOURNABLE À LA FOLIE THÉÂTRE

« Appelez-moi Madame George Sand », est un tourbillon théâtral!

« Appelez-moi Madame George Sand » vous embarque dans un univers aussi déroutant que passionnant.

L’une des spécificités de cette nouvelle création de Joshua Laffont Cohen est que jusqu’à la fin de la pièce, on se pose la question de savoir ce qui est vrai, on se demande qui est qui et on passe sans transition du réel à l’imaginaire… bref on est délicieusement perdus !

Appelez-moi Madame George Sand est une création particulièrement singulière, intelligente, imprévisible, portée par Joshua Laffont-Cohen et Alexis Néret, deux comédiens absolument remarquables.

« Appelez-moi Madame George Sand » sème dans votre esprit quelques questions, quelques images, quelques sensations… et surtout cette délicieuse impression de ne pas avoir totalement compris où l’on vous emmène.

J’avoue que c’est précisément ce qui m’a séduite.

George Sand comme point de départ… mais certainement pas comme destination

Au départ, il y a George Sand.

Ou plutôt l’obsession d’un homme pour George Sand.

Depuis des années, Georges s’identifie à cette femme de lettres libre, rebelle, indépendante, qui a refusé les rôles que la société voulait lui imposer. Il voudrait lui ressembler, jusqu’à craindre finalement de se perdre dans cette incarnation.

Alors Georges consulte un psychiatre.

Et c’est là que les choses commencent véritablement à déraper…

Car le psychiatre se laisse progressivement séduire par cette personnalité flamboyante qui parle comme George Sand, reprend ses combats, convoque sa poésie et semble peu à peu faire disparaître la frontière entre celui qui raconte et celle dont il raconte l’histoire.

La présentation officielle parle d’une « plongée troublante dans l’identité, la métamorphose et le pouvoir des mots ». 

C’est exactement cela.

Mais encore faut-il accepter de se laisser perdre.

Une pièce qui brouille délicieusement les pistes

C’est sans doute ce qui m’a le plus enthousiasmée.

On ne sait jamais vraiment où l’on va.

La pièce commence de manière pour le moins surprenante. Puis elle évolue. On pense avoir compris le mécanisme, on croit tenir le fil… et quelques instants plus tard, le fil nous échappe à nouveau.

Et loin d’être frustrant, ce jeu avec les certitudes devient extrêmement stimulant.

On se met à observer.

À chercher.

À douter.

À se demander ce qui relève du texte, de la mise en scène, de l’improvisation ou du réel.

Et c’est là que le spectacle devient particulièrement jubilatoire.

À plusieurs reprises, je me suis demandé : « Mais… est-ce que c’est prévu ? »

Notamment lors d’un intermède musical absolument étonnant, lorsqu’une cantatrice apparaît sur scène.

Est-ce écrit ? Est-ce improvisé ? Cette personne fait-elle partie du spectacle ?

Je ne vous révélerai évidemment pas la réponse.

Parce que ce serait précisément enlever au spectacle une partie de son charme.

Deux comédiens… et une véritable alchimie

Mais une pièce aussi particulière ne pourrait fonctionner sans interprètes capables de jouer avec ces zones de trouble.

Et Joshua Laffont-Cohen et Alexis Néret sont tout simplement sublimes.

Sublimes dans leur présence scénique, dans leur manière d’occuper l’espace, dans leur engagement… et, je dois bien l’avouer, sublimes aussi physiquement.

Il y a chez eux quelque chose de très magnétique.

Deux personnalités, deux présences, deux tempéraments qui se répondent et permettent à la pièce de naviguer constamment entre la comédie, le trouble, l’intime, la littérature et quelque chose de beaucoup plus difficile à définir.

Ils jouent remarquablement bien.

Avec une précision qui n’empêche jamais la fragilité. Avec une intensité qui ne devient jamais pesante.

Et surtout avec cette capacité assez rare à faire croire au spectateur que tout peut arriver.

Quand George Sand devient une question d’identité

Derrière son étrangeté assumée, la pièce est pourtant traversée par des questions très profondes.

Qui sommes-nous lorsque nous nous construisons à travers les autres ?

Peut-on admirer quelqu’un au point de vouloir devenir cette personne ?

Que se passe-t-il lorsque la littérature cesse d’être simplement un objet que l’on lit pour devenir une manière d’exister ?

Joshua Laffont-Cohen explique avoir voulu montrer comment la littérature pouvait « transformer un être » et rendre hommage à George Sand à l’occasion des 150 ans de sa mort. 

Mais son propos dépasse largement le seul hommage à l’écrivaine.

George Sand devient ici un miroir.

Un personnage que l’on convoque pour parler de liberté, d’indépendance, de refus des conventions, mais aussi de poésie, de sensibilité et de quête intérieure. 

Et finalement, la grande question posée par la pièce pourrait être beaucoup plus universelle : jusqu’où peut-on aller pour devenir soi-même ?

Un spectacle qui prend le risque de ne pas tout expliquer

Peut-être est-ce un point que j’ai particulièrement apprécié car souvent, au théâtre comme ailleurs, on aime bien donner au spectateur les clés avant même qu’il ait eu le temps de chercher la porte.

« Appelez-moi Madame George Sand » fait exactement l’inverse.

La pièce nous laisse nous interroger.

Elle nous laisse parfois dans le brouillard.

Elle nous surprend.

Elle nous déstabilise.

Elle nous fait sourire, elle nous intrigue et, par moments, elle nous laisse presque volontairement sur le bord du chemin.

Mais c’est justement là que réside son charme.

Il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement pour pouvoir pleinement se laisser emporter.

Et personnellement, j’ai adoré cette étrangeté.

Une expérience théâtrale plus qu’une simple pièce

Il y a donc George Sand.

Il y a la littérature.

Il y a la psychiatrie.

Il y a l’identité.

Il y a la métamorphose.

Il y a la musique.

Il y a même cette délicieuse incertitude qui fait que l’on ne sait plus très bien où s’arrête le spectacle et où commence le réel.

Et puis il y a deux comédiens qui portent le tout avec une belle intensité.

« Appelez-moi Madame George Sand » est une pièce qui ne ressemble pas aux autres.

Alors oui, je vous la recommande très, très vivement!

Pour George Sand, évidemment.

Pour son texte.

Pour son étrangeté.

Pour ses surprises.

Pour ses deux interprètes, Joshua Laffont-Cohen et Alexis Néret, qui sont absolument remarquables.

Mais surtout pour cette sensation délicieuse de ne jamais être tout à fait certain de ce qui est en train de se passer.

Et si vous aimez le théâtre qui vous surprend, vous trouble et vous fascine, ne passez surtout pas à côté de « Appelez-moi Madame George Sand ».

Un immense merci à l’attachée de presse Dominique Lhotte pour cette invitation.


Infos pratiques

« Appelez-moi Madame George Sand »
De et avec Joshua Laffont-Cohen
Avec Alexis Néret
Mise en scène : Joshua Laffont-Cohen et Claude Bokhobza

Du 4 septembre au 28 novembre 2026

À La Folie Théâtre

6 rue de la Folie Méricourt

75011 Paris

Tous les vendredis et samedis à 19h30

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