SEPTEMBRE 2026 : 10 PIÈCES DE THÉÂTRE POUR RENOUER AVEC LE PLAISIR DES SORTIES CULTURELLES PARISIENNES

Septembre a toujours quelque chose d’un peu particulier…

La lumière de l’été s’attarde encore sur les terrasses, Paris retrouve progressivement son rythme, les salles rouvrent leurs portes et, avec elles, cette délicieuse perspective de renouer avec les sorties culturelles.

Car une rentrée réussie ne saurait se résumer aux agendas qui se remplissent et aux habitudes qui reprennent. Elle se savoure aussi dans une salle de théâtre, face à des comédiens, des textes, des histoires…

Pour cette rentrée théâtrale 2026 à Paris, les propositions ne manquent pas.

Seul-en-scène poétique, grand classique revisité, comédie, enquête policière, théâtre contemporain ou spectacle historique : voici 10 pièces à voir à Paris en septembre 2026, parmi lesquelles quelques spectacles auxquels je décerne d’ores et déjà une mention toute particulière.

 


1. « Petits poèmes en prose » : Baudelaire en musique au Studio Hébertot

Et si l’on commençait cette rentrée par un peu de poésie ?

Avec « Petits poèmes en prose », le Studio Hebertot devient l’écrin du Spleen de Paris de Charles Baudelaire dans un seul-en-scène à la fois poétique et musical.

Porté par la compagnie L’Étendard Lyrique, le spectacle propose une plongée dans l’univers de Baudelaire, où les mots prennent une dimension nouvelle lorsqu’ils sont portés par la voix et accompagnés au piano par Kim Bernard.

Une manière particulièrement séduisante de retrouver ce poète dont l’oeuvre continue à nous séduire plus d’un siècle après sa disparition.

Invitation au voyage

Promenade poétique

Une création de Jean-Pierre Hané
Avec Bérengère Dautun, Jean-Pierre Hané, Louis de Bérail et autres invités
Production : Studio Hébertot

Au Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, Paris 17e.
Du 20 septembre au 11 octobre 2026, chaque dimanche à 19h.

 


2. « Les Filles aux mains jaunes » : le retour d’un spectacle qui a marqué le Festival d’Avignon

les filles aux mains jaunes zenitude profonde le ma.com

Après son passage au Festival d’Avignon, la pièce s’installe à La Scène Libre pour la rentrée parisienne.

Le spectacle raconte le destin de quatre femmes contraintes de travailler dans une usine d’armement pendant la Première Guerre mondiale. Quatre ouvrières que tout pourrait opposer et que les circonstances vont pourtant rapprocher, tandis que leur travail, leurs convictions et leur rapport au monde se transforment.

Nous avions déjà consacré un article à cette pièce lors de sa présentation au Festival d’Avignon : cette nouvelle programmation parisienne est donc l’occasion de la découvrir ou de la revoir.

À La Scène Libre, Paris 10ème

du 2 au 27 septembre 2026.

 
 

3. « Vous, qui passez sans me voir… » : un huis clos entre amour, théâtre et mystère

vous qui passez sans me voir rentrée 2026 paris zenitude profonde le mag

C’est une rencontre qui commence comme une énigme.

Un comédien sort de scène après sa 300e représentation d’Othello. Dans sa loge l’attend une femme qu’il ne connaît pas.

Quel secret lie ces deux personnages ?

Écrite et mise en scène par Sébastien Biessy, « Vous, qui passez sans me voir… » nous entraîne dans un huis clos intime où se mêlent amour passionné, désir, souvenirs et impossibilité.

La loge devient alors le point de départ d’une histoire qui dépasse largement les murs du théâtre et conduit le spectateur jusqu’à Rio de Janeiro, sur les traces de trois personnages et de deux époques.

Drôle, émouvante et parfois grave, la pièce est interprétée par Béatrice Biessy et Yves Chambert-Loir.

Vous qui passez sans me voir

De Sébastien Biessy

Avec Béatrice Biessy, Yves Chambert Loir

Mise en scène Sébastien Biessy

Et vous, mystérieuse Marie, qui êtes-vous ?

Au Théâtre de L’Essaïon, à partir du 29 août 2026

les vendredis et samedis à 19h.


4. « L’Apollon de Bellac » : quand quelques compliments peuvent tout changer

l apollon de bellac

« L’Apollon de Bellac », écrit par Jean Giraudoux en 1941,  a traversé les décennies sans perdre de son charme.

Agnès arrive dans la salle d’attente de l’Office des Grands et Petits Inventeurs avec l’espoir d’obtenir un emploi. Mais, manquant de confiance en elle, elle se retrouve bloquée par l’huissier.

C’est alors qu’apparaît un mystérieux Monsieur de Bellac, qui lui révèle un étonnant secret : pour obtenir ce que l’on désire auprès des hommes, il suffirait de leur dire… qu’ils sont beaux.

À partir de cette idée délicieusement absurde, Giraudoux construit une comédie pleine d’esprit sur le pouvoir de la flatterie, l’apparence, le désir et la confiance en soi.

Écrite en 1941 pour Louis Jouvet, alors exilé au Brésil avec sa troupe, la pièce fut créée à Rio de Janeiro en 1942 avant d’être présentée à Paris en 1947 au Théâtre de l’Athénée.

Cette nouvelle mise en scène est signée Christel Pourchet, qui partage également l’affiche avec Étienne Ménard, Samuel Giuranna, Pauline Joquel ou Barbara Castin, en alternance.

Au Théâtre de L’Essaïon, du 2 septembre au 1er octobre 2026

les mercredis et jeudis à 19h.


5. « Un petit jeu sans conséquence » : quand une plaisanterie conjugale dérape

un petit jeu sans conséquences zenitude profonde le mag.comUn couple parfait. Un déjeuner entre amis. Une plaisanterie qui semble sans conséquence.

Et si annoncer sa séparation après vingt ans de mariage n’était finalement pas une si bonne idée ?

Dans « Un petit jeu sans conséquence », Claire et François décident de jouer avec les apparences en annonçant leur rupture à leurs amis. Un simple jeu, pensent-ils. Mais les réactions de leur entourage vont rapidement dépasser ce qu’ils avaient imaginé.

Révélations, quiproquos, confessions et règlements de comptes vont progressivement fissurer les certitudes de chacun.

 

Écrite par Jean Dell et Gérald Sibleyras, cette comédie, récompensée par cinq Molières en 2003, joue avec les conventions du couple et de l’amitié avec une finesse qui lui permet de conserver toute son efficacité.

Un petit jeu sans conséquence

De Jean Dell et Gerald Sibleyras

Mise en scène : Arnaud Allain

avec Thomas Colin de Verdière, Julie Fabioux, Zahia Guinchard, Jean Louis Raybaud

Durée : 75 mn

Du 28 août au 8 novembre 2026

À la Folie Théâtre, les vendredis, samedis et dimanches à 20h

 


6. « Napoléon » : une heure pour traverser l’épopée impériale

 

Après ses précédentes Leçons d’Histoire, Maxime d’Aboville revient avec un nouveau rendez-vous consacré à une figure qui n’a guère besoin d’être présentée : Napoléon Bonaparte.

Dans « Napoléon », le comédien retrace en une heure le parcours de l’empereur, de son ascension fulgurante à sa chute, en s’appuyant notamment sur des textes de Victor Hugo, Léon Tolstoï, Jean d’Ormesson et Chateaubriand.

Un spectacle qui devrait séduire aussi bien les passionnés d’Histoire que ceux qui aiment découvrir les grandes figures historiques autrement que dans les livres.

Et pour celles et ceux qui connaissent déjà les précédentes leçons de Maxime d’Aboville, cette nouvelle création est l’occasion de retrouver ce remarquable exercice de théâtre historique.

Au Poche-Montparnasse, à partir du 31 août 2026, le lundi à 19h.


7.« Mystère à Silent Pool, Agatha Christie a disparu » : l’énigme qui fascine toujours

 

Décembre 1926. Agatha Christie disparaît.

Pendant plusieurs jours, l’une des plus célèbres romancières de son époque se volatilise, déclenchant une véritable chasse à l’homme et une multitude d’hypothèses.

Tentative de meurtre ? Enlèvement ? Disparition volontaire ?

« Mystère à Silent Pool, Agatha Christie a disparu » s’empare de cet épisode réel pour construire un polar théâtral qui mêle enquête, humour et rebondissements.

J’avais déjà évoqué cette pièce dans cet article  et je la recommande particulièrement aux amateurs d’Agatha Christie, de mystères et d’histoires inspirées de faits réels.

Et il reste encore quelques semaines pour le découvrir avant la fin des représentations.

Au Lucernaire, jusqu’au 27 septembre 2026.
Du mercredi au samedi à 21h, le dimanche à 18h.


8. « M. Cyrano » : quand Cyrano rencontre le slam

M Cyrano festival 7 8 9 theatre de nestle zenitude  profonde le mag

« Le verbe est toujours une arme. »

La célèbre figure imaginée par Edmond Rostand revient dans une version contemporaine avec « M. Cyrano », réécriture en alexandrins modernisés qui fait entrer Cyrano de Bergerac dans un univers où les duels se livrent désormais à coups de rimes, de slam et de poésie urbaine.

Dans un bar souterrain, Cyrano affronte ses rivaux tout en dissimulant son amour pour Roxane derrière Christian.

Le spectacle conjugue humour, musique et poésie autour de thèmes toujours aussi actuels : l’amour, les complexes, l’identité et le pouvoir des mots.

Une proposition particulièrement intéressante pour celles et ceux qui aiment voir les grands classiques se réinventer sans perdre leur âme.

Mr Cyrano

de Thomas Griere
Mise en scène: Nina Garin et Thomas Griere
avec Arnaud Billy Bonnel, Andréa Colaciuri, Thomas Griere et Leslie Gueguen

Au Festival de Nesle, les 15 et 19 septembre 2026 à 21h.
Durée : 1h25


9. « Mythes en thérapie » : l’un de mes très gros coups de cœur!

mythes en thérapie

J’avais découvert « Mythes en thérapie » au Festival 7.8.9 l’année dernière. Après avoir fait salle comble au Laurette Théâtre à Paris, ils ont cartonné au dernier Festival d’Avignon et reviennent pour deux dates au Théâtre de Nesle.

Le pitch: Imaginez un cabinet de thérapie dans lequel les patients ne sont autres que des personnages emblématiques de notre culture, de notre imaginaire et de notre Histoire.

Le premier à s’allonger sur le divan ? ChatGPT, en plein burn-out, submergé par les demandes absurdes qui lui arrivent à toute heure.

Puis débarquent la tante de Batman, complètement dépassée par les transformations de son neveu, Jeanne d’Arc, qui tente de composer avec ses voix, et enfin Le Petit Prince, fraîchement arrivé à Paris et découvrant la vie terrestre avec son regard d’enfant.

Et ce n’est que le début…

Sous ses allures de comédie absurde, « Mythes en thérapie » réussit surtout à poser un regard délicieusement décalé sur nos propres névroses.

C’est drôle, intelligent, rythmé et terriblement bien vu.

Je vous le dis donc sans détour : cette comédie mérite très sérieusement une place dans votre agenda de cette rentrée.

Au Festival de Nesle, les 16 et 23 septembre 2026 à 19h.

Durée : 1h20

 


10. « L’Empereur des Boulevards » : autre immense coup de cœur

Et je termine cette sélection par une pièce que j’ai déjà vue … quatre fois.

Oui, quatre.

Et le plus étonnant est que « L’Empereur des Boulevards » conserve, à chaque représentation, ce charme particulier qui donne envie d’y retourner.

l'empereur des boulevards
L’Empereur des Boulevards ou la vie de Georges Feydeau

Écrite et mise en scène par Olivier Schmidt, la pièce s’intéresse à la vie de Georges Feydeau, à son génie, à son époque mais aussi à sa progressive descente aux enfers.

Tout y est remarquablement pensé.

La mise en scène, d’abord, où chaque détail semble avoir sa raison d’être. Le texte, ensuite, dont chaque mot paraît avoir été choisi avec une précision d’orfèvre. Et puis cette manière de faire revivre Feydeau sans jamais tomber dans le simple exercice biographique.

 

 

Quels que soient les comédiens qui l’interprètent (et j’en ai vus passer !), cette pièce possède une force propre.

Parce que sa construction, son écriture, son esthétique et son propos forment un ensemble d’une cohérence et d’une beauté incomparables.

« L’Empereur des Boulevards » est une véritable perfection théâtrale.

(Pas étonnant qu’elle ait fait salle comble pendant tout le Festival d’Avignon 2026 !)

Et puisque je l’ai déjà vue quatre fois et que je trouve encore aujourd’hui un immense plaisir à y aller, vous en déduirez qu’elle figure parmi mes plus gros coups de cœur de cette rentrée 2026.

L’Empereur des Boulevards

Création, mise en scène et scénographie : Olivier Schmidt
Création lumières : Léonard Cavadin

Avec : Vincent Albaracin, Damien Cochin, Carla D’Emilia, Julie Fidel, Kévin Maille

Théâtre Lucas-Paumier  15 rue du Retrait  Paris 20e
du 21 septembre 2026  au 29 décembre 2026
Durée : 1h20

Et pour compléter la rentrée culturelle…

 

Mais une rentrée parisienne ne se limite évidemment pas aux salles de théâtre.

Voici deux expositions et un film qui méritent eux aussi de trouver leur place dans votre agenda.

« AYMARA », Cristian Laime : l’âme d’un peuple à la galerie Artivistas

Cristian Laime

Pour sa deuxième exposition chez Artivistas, l’artiste bolivien Cristian Laime nous invite à entrer dans l’univers du peuple Aymara, dont il est lui-même issu.

Habitant principalement les régions du Titicaca et de l’Altiplano en Bolivie, les Aymara sont associés à une histoire faite de courage, de dignité et à une conception du temps profondément liée à la mémoire et au respect du passé.

À travers sa maîtrise de la peinture à l’huile, Cristian Laime compose un univers lyrique, foisonnant et profondément personnel.

Les polleras, ces jupes traditionnelles portées par les femmes andines, deviennent sous son pinceau des éléments presque théâtraux : elles enveloppent les silhouettes, les débordent, les transforment et donnent aux œuvres une impression de mouvement et d’abondance.

L’exposition offre également une rencontre particulièrement touchante avec les racines de l’artiste puisque les visiteurs pourront rencontrer Cristian Laime mais également sa mère, devenue son modèle vivant privilégié.

Une exposition qui se découvre autant pour sa beauté plastique que pour ce qu’elle raconte d’une identité, d’une transmission et d’un rapport aux origines.

Artivistas, 35 rue Blanche, Paris 9e.


« Arcanum Formae » : Joseph Walsh investit l’Hôtel de Sully

Arcanum Formae

Autre rendez-vous majeur de cette rentrée : Joseph Walsh investit l’Hôtel de Sully avec Arcanum Formae, une installation conçue spécialement pour ce lieu exceptionnel.

Présentée à l’occasion de la Paris Design Week, puis pendant la Paris Fashion Week et Art Basel Paris, l’exposition marque une étape importante dans le parcours européen de l’artiste et designer.

Installée dans l’Orangerie historique et les jardins de l’Hôtel de Sully, l’installation se déploie comme un dialogue entre architecture, paysage, lumière, matière et design.

Pensé comme un véritable projet in situ, Arcanum Formae métamorphose les espaces du célèbre hôtel particulier du Marais sans jamais chercher à effacer son identité historique.

Parmi les pièces présentées, une sculpture monumentale de la série Magnus prend place dans les jardins et devient le point d’ancrage de l’installation.

À l’intérieur de l’Orangerie, un ensemble d’œuvres inédites mêle pièces de commande et recherches créatives du studio, dans une réflexion sur la matière, le temps et la transformation.

Une exposition qui devrait séduire autant les amateurs de design contemporain que ceux qui aiment découvrir des œuvres en résonance avec des lieux patrimoniaux d’exception.


« Heart of the Beast » : Brad Pitt face à la nature sauvage

brad pitt film sept 26

Et parce que la rentrée culturelle passe aussi par les salles obscures, impossible de ne pas mentionner « Heart of the Beast », le film événement porté par Brad Pitt.

Le film nous entraîne au cœur de paysages sauvages dans une aventure où la survie devient aussi une histoire profondément humaine.

Mais au-delà de l’action et des grands espaces, Heart of the Beast s’intéresse surtout au lien qui unit un homme et son chien : une relation faite de confiance, de loyauté et d’affection, qui devient une véritable force lorsque les épreuves s’accumulent.

Une aventure qui promet donc autant de spectaculaire que d’émotion.

À découvrir au cinéma dès le 23 septembre 2026.


Théâtre, littérature, Histoire, design, peinture, cinéma…

La rentrée culturelle parisienne 2026 prouve une nouvelle fois qu’il n’est nul besoin de prolonger les vacances pour continuer à s’évader.

Alors, plutôt que de subir la rentrée, pourquoi ne pas la mettre …en scène ?

Après tout, à Paris, la rentrée n’est jamais qu’un nouveau programme.

 

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