LES FILLES AUX MAINS JAUNES AU FESTIVAL OFF 2026

La pièce nous plonge au cœur des usines d’armement durant la Première Guerre mondiale, où les femmes, en l’absence des hommes partis au front, assurent la fabrication des obus.

On va les entendre parler des droits des femmes, de l’égalité …

Mais en ces temps troublés, les préoccupations politiques se situent ailleurs, reléguant au second plan les conditions de travail dans les usines et le bien-être de ces ouvrières.

On assiste donc à leur quête, à leurs efforts pour la guerre, mais aussi à une réalité plus insidieuse, presque tue : celle du « jaune ».

Cette poudre toxique, qui se colle aux mains et aux corps, devient le symbole silencieux d’un danger invisible, un poison qui emportera nombre d’entre elles.

Cette immersion dans le quotidien des femmes pendant la guerre de 14 s’avère d’une grande puissance évocatrice et riche d’enseignements.

Le metteur en scène Alexander Liebe a su éclairer cette pièce tout en douceur, en parcimonie.

Le texte de Michel Bellier n’a pas besoin d’effets spéciaux pour nous toucher. L’émotion naît de la justesse des mots et de l’incarnation des comédiennes, qui donnent chair à ces destins féminins encore éloignés de toute véritable égalité, mais déjà portés par un désir naissant de reconnaissance.

Louise, la journaliste, brillamment incarnée par Nolwen Cosmao, se fait le porte-voix d’une conscience féministe naissante. Elle insuffle une énergie combative, entraînant dans son sillage Rose, mère de famille interprétée avec justesse par Alica Rousseau, dont la force tranquille et la dignité touchent profondément.

À leurs côtés, Julie, à qui Lucile Roux Baucher prête ses traits, incarne une jeunesse vibrante, animée d’un appétit de vivre indomptable, malgré la rudesse du contexte.

Enfin, Jeanne, figure plus ancienne marquée par les épreuves passées, notamment la guerre de 1870, trouve en Love Bowman une interprète bouleversante. Oscillant avec finesse entre gravité et légèreté, elle esquisse un portrait profondément humain, mêlant avec délicatesse le rire et la mélancolie

Une belle pièce poignante qui donne un regard sur la condition des femmes durant la Grande Guerre, avec un jeu extrêmement juste et une parfaite symbiose entre les femmes. 

Article de Jean Michel Gautier


INFOS PRATIQUES

LES FILLES AUX MAINS JAUNES

Théâtre du Verbe Fou au Festival Off d’Avignon à 10h45

Auteur : Michel Bellier

Distribution : Alicia Rousseau, Love Bowman, Lucile Roux-Baucher et Nolwen Cosmao

Mise en scène : Alexander Liebe

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