« Nasrudin entra dans la maison de thé, déclamant:
– La lune est plus utile que le soleil.
– Et pourquoi donc, Mulla?
– Parce que c’est surtout quand il fait nuit que nous avons besoin de lumière. »

J’aime beaucoup cette citation à laquelle j’avais déjà fait allusion il y a près de deux ans dans un article de mon ancien blog.

Le livre d’où est extrait cet échange s’appelle LES PLAISANTERIES DE L’INCROYABLE MULLA NASRUDIN du poète indien Idris Shah* et date de quelques années déjà puisqu’il a été publié pour la première fois en 2005 aux Éditions Le Courrier du Livre.

Moi ce dialogue me rappelle les Lettres Persanes (1721, Montesquieu) que j’ai toujours beaucoup de plaisir à relire de temps en temps.

Quels souvenirs en avez-vous ? 

Lettres personnes de Montesquieu

Moi c’est invariablement à ce texte que je pense :

 « Les habitants de Paris sont d’une curiosité qui va jusqu’à l’extravagance. Lorsque j’arrivai, je fus regardé comme si j’avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j’étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi […] 

Je souriais quelquefois d’entendre des gens qui n’étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux : « Il faut avouer qu’il a l’air bien persan!»[•••]

Cela me fit résoudre à quitter l’habit persan et à en endosser un à l’européenne, pour voir s’il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d’admirable.[…]

J’entrai tout à coup dans un néant affreux…

Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu’on m’eût regardé […]

Mais si quelqu’un, par hasard, apprenait à la compagnie que j’étais Persan, j’entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement :

Ah ! ah ! Monsieur est Persan ? c’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ?»

Déjà sociologue à l’époque !

Chapeau Monsieur Charles Louis de Montesquieu !

Et sur ces réflexions culturelles, permettez-moi de vous souhaiter une excellente journée!

Crédits photos : Editeurs

*Idris Shah né en 1924 à Simla (Inde) et mort le 23 novembre 1996 à Londres, également connu sous le pseudonyme d’Arkon Daraul, était auteur et enseignant de la tradition soufie. Il a écrit plus de trois douzaines de livres sur des sujets partant de la psychologie et la spiritualité et allant jusqu’aux carnets de voyage et études culturelles.

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