Un choc de beauté, de poésie et d’émotions !
La véritable histoire d’Orphée et Eurydice, est actuellement à l’affiche du Théâtre de Nesle.
Plus qu’une pièce, c’est un spectacle, un cabaret métaphysique, un vertige poétique où le rire, la folie, la musique et la mort se donnent la main dans une même respiration.
Je connaissais déjà le travail de la costumière – aux créations sublimes que j’avais eu grand plaisir à interviewer lors de la Première de Don Juan au Théâtre Montmartre Galabru.
Son travail — à l’esthétique remarquable — est reconnaissable entre tous …




Mais ici, on touche à quelque chose de rarissime : un spectacle où le texte, la mise en scène, le jeu et les costumes avancent ensemble, comme les fils d’une tapisserie baroque.
Un mythe revisité comme un grand cabaret infernal
Une mystérieuse conteuse affirme détenir la véritable version du mythe d’Orphée et Eurydice.

Et elle nous entraîne dans un monde où Cerbère, Minos, Charon, Jason et les morts eux-mêmes viennent jouer avec nos certitudes, notre langage, notre rapport au réel.
Le monde des enfers devient un cabaret joyeux, absurde, subversif, où la mythologie antique rencontre notre époque avec un humour ravageur et une profondeur troublante.
On rit.
Puis, sans s’en rendre compte, on est déjà en train de réfléchir à la mort et au sens de l’existence.
Le texte est une merveille de virtuosité, nourri par Virgile, Ovide, Dante, Cocteau, Anouilh, Beckett, Novarina… mais jamais écrasant.
Au contraire, cette richesse devient musique, rythme, vérité .
Une troupe au talent incomparable
Les comédiens ne jouent pas.
Ils s’offrent au public.
La présentatrice-conteuse, absolument magnétique, nous tient comme un fil d’Ariane à travers le chaos de l’enfer.
Un autre comédien chantera « Nantes » de Barbara avec une émotion si pure que la salle semble suspendue à son souffle.
Un autre encore, surgit dans une danse hallucinée, vêtu d’un costume hérissé de piques, à la fois sublime et grotesque, comme un être venu d’un rêve.

Ils passent du burlesque au tragique, du rire à la sidération, avec une liberté et une précision rares.
On sent une troupe soudée, traversée par le même feu.

Quand la mort devient un chant
En rencontrant Nicolas Schiavo, l’auteur et metteur en scène, j’ai compris pourquoi ce spectacle est si bouleversant.
Il m’a confié avoir perdu sa grand-mère pendant l’écriture de la pièce. Et cela transparaît dans un monologue déchirant sur notre lien aux morts, à « nos » morts…
Ces êtres qui ne sont plus là, mais qui continuent à nous habiter.
Qui nous protègent.
Qui laissent derrière eux un vide immense.
Ce moment est d’une justesse presque insoutenable. Il dit exactement ce que tant de gens ressentent sans jamais parvenir à le formuler.
Et c’est là toute la beauté de ce spectacle :
il joue, il rit, il explose…
mais au cœur de cette fête baroque, il ose regarder l’abîme.
Un théâtre qui parle à notre moi profond
Pour Nicolas Schiavo, le théâtre est une forme émotionnelle de la philosophie.
Et cela se ressent. On sort de la salle différent, un peu plus conscient.
La compagnie Vespérale ne fait pas du théâtre seulement pour divertir : elle fait du théâtre pour ouvrir le cœur et la pensée.
Mon avis: Un coup de cœur absolu
La véritable histoire d’Orphée et Eurydice est l’un de mes plus grands coups de cœur de ce début d’année.
C’est un spectacle grandiose, intelligent, profondément humain, porté par une équipe d’un talent immense.
Si vous aimez le théâtre qui ose, qui danse avec la mort, qui rit de l’absurde et qui vous prend par l’âme…
ne passez pas à côté.
INFOS PRATIQUES
LA VÉRITABLE HISTOIRE D’ORPHEE ET EURYDICE
8 rue de Nesle
75005 Paris
Vendredi et samedi à 21h
du 2 au 24 janvier 2026
Reprise du 2 au 23 mars 2026
le lundi à 21h (soit les 2, 9, 16 et 23 mars)