LA VACHE QUI RIT® SE RÉINVENTE : JEAN-LUC MOULÈNE SIGNE LA TREIZIÈME BOÎTE COLLECTOR

La treizième boîte La Vache qui rit® véritable œuvre d’art à collectionner.

Et si une boîte de fromage fondu devenait une œuvre d’art contemporain ?

Pour sa treizième édition Collector, La Vache qui rit® confie son emblématique écrin rouge à Jean-Luc Moulène.

Avec Errata, l’artiste français transforme les codes familiers de la consommation en une réflexion sur l’objet, l’image et la valeur que nous leur accordons. Une création singulière, présentée à Paris Internationale du 19 au 24 octobre 2026, qui prolonge une aventure artistique initiée en 2014 par Lab’Bel, le laboratoire artistique du Groupe Bel.

Quand une icône populaire rencontre l’art contemporain

La Vache qui rit® traverse les générations sans perdre une miette de son pouvoir d’évocation.

Avec ses boucles d’oreilles et son sourire reconnaissable entre tous, La Vache qui rit® appartient à ce patrimoine visuel familier que chacun ou presque a déjà croisé dans sa cuisine.

Mais que reste-t-il d’une marque lorsque l’on retire les mots qui la désignent ?

Et que devient un produit lorsque son apparence commerciale s’efface au profit de sa seule présence matérielle ?

C’est précisément autour de ces questions que s’articule la treizième Boîte Collector La Vache qui rit®, imaginée par Jean-Luc Moulène. Intitulée Errata, cette édition 2026 ne se contente pas de revisiter un emballage iconique : elle s’inscrit dans une démarche artistique de longue haleine, consacrée à la transformation des objets du quotidien et à la remise en question de leur identité.

Pour cette nouvelle collaboration, l’artiste s’attache à soustraire à la boîte une partie essentielle de son langage visuel.

Les inscriptions commerciales disparaissent des faces supérieures et latérales, laissant l’objet se présenter autrement, libéré de certains des signes qui déterminent habituellement sa lecture.

Le résultat déplace notre regard.

Ce qui semblait n’être qu’un emballage destiné à contenir et à vendre un produit alimentaire devient un objet à observer, à interroger et, pourquoi pas, à conserver. Entre usage quotidien et pièce de collection, la frontière se fait plus ténue.

Jean-Luc Moulène, un artiste qui interroge les objets et leurs représentations

Né en 1955, Jean-Luc Moulène compte parmi les figures importantes de l’art contemporain français. Son travail, d’abord largement associé à la photographie au début des années 1990, s’est progressivement étendu à de multiples pratiques : dessin, peinture, collage, sculpture et installation.

Cette diversité des médiums ne relève pas d’une simple volonté d’expérimentation formelle. Elle traduit une recherche constante sur la manière dont les objets sont fabriqués, présentés, identifiés et perçus. Dans son œuvre, un produit manufacturé n’est jamais tout à fait réductible à sa fonction première. Sa forme, sa couleur, son emballage et les signes qui l’accompagnent participent à une construction de sens que l’artiste cherche à rendre visible.

Jean-Luc Moulène procède volontiers par déplacements, découpages, effacements ou détournements. Il modifie les conditions habituelles de perception afin de faire apparaître ce que nos habitudes de consommation nous empêchent parfois de voir. Un objet banal peut alors acquérir une dimension sculpturale, tandis qu’une image familière révèle les mécanismes culturels, économiques et symboliques qui la sous-tendent.

Cette démarche lui a valu une reconnaissance internationale.

Ses œuvres ont notamment été présentées au Centre Pompidou et au musée du Louvre à Paris, à la Villa Médicis à Rome, à Dia:Beacon et au Sculpture Center à New York, ainsi qu’à la Secession de Vienne. Il a également participé à plusieurs grandes manifestations internationales, dont la Biennale de Venise en 2019.

Ses créations figurent aujourd’hui dans les collections de nombreuses institutions de premier plan, parmi lesquelles le MoMA de New York, la Tate Modern de Londres, le Centre Pompidou, la Fondation Louis Vuitton et le Walker Art Center de Minneapolis.

Confier à cet artiste la réinterprétation de La Vache qui rit® revient donc à lui offrir un terrain d’exploration particulièrement pertinent : celui d’un produit industriel dont l’identité visuelle, immédiatement reconnaissable, fait partie intégrante de son succès.

Errata, une aventure artistique née d’un geste de contestation

Pour comprendre la boîte imaginée en 2026, il faut revenir aux origines d’Errata, un ensemble de recherches et d’interventions engagé au début des années 1990 par Jean-Luc Moulène et Vincent Labaume.

Le nom du projet est associé à une brochure publiée en janvier 1992, qui formalise rétrospectivement les activités du Groupe de Recherche Publique et Plastique Errata. Mais son histoire remonte à l’année précédente, dans un contexte international marqué par la première guerre du Golfe et par une couverture médiatique qui donne une place inédite aux images diffusées en temps réel.

En 1991, les deux artistes mettent en œuvre une action intitulée Prix blancs dans un supermarché. Leur intervention consiste à apposer clandestinement des étiquettes vierges sur les rayonnages, faisant disparaître les prix habituellement affichés.

Le geste, en apparence minimal, perturbe le fonctionnement ordinaire du lieu. Sans ces indications, le consommateur perd un repère essentiel pour comparer les produits, tandis que les marchandises elles-mêmes semblent privées d’une partie de leur identité commerciale.

L’intervention questionne ainsi la place du prix dans notre perception des biens de consommation. Elle révèle aussi le rôle déterminant des signes écrits : le nom, la marque et les chiffres ne se contentent pas d’informer, ils orientent notre regard et conditionnent notre rapport aux objets.

D’autres opérations suivront, fondées notamment sur le déplacement de produits, leur assemblage incongru ou la suppression de leurs inscriptions. Ces interventions, souvent éphémères, sont fréquemment conservées par la photographie, qui devient à son tour un élément essentiel de leur existence artistique.

Avec Errata, il ne s’agit donc pas simplement de détourner un objet pour provoquer un effet de surprise. Le projet cherche à suspendre les automatismes qui gouvernent notre perception et à faire émerger, derrière la fonction commerciale, une autre réalité de la chose observée.

Retirer les mots pour libérer le regard

Le principe de soustraction constitue le cœur de cette treizième édition. En dialogue avec le Groupe Bel, Jean-Luc Moulène a progressivement épuré la boîte de ses inscriptions, en supprimant celles qui apparaissent habituellement sur les parties supérieures et latérales.

Les mentions légalement obligatoires sont, quant à elles, déplacées vers l’intercalaire ou regroupées au dos sur une étiquette susceptible d’être décollée. Cette adaptation implique un travail de concertation avec la marque : l’œuvre ne naît pas uniquement du geste visible de l’artiste, mais également des ajustements nécessaires à sa réalisation dans le cadre d’un produit commercialisé.

La boîte demeure pourtant une boîte de La Vache qui rit®. Elle conserve son lien avec l’univers de la marque, tout en échappant partiellement aux codes qui en organisent la lecture habituelle.

Ce paradoxe est au centre de la démarche. Lorsque les mots s’effacent, la forme reprend ses droits. La couleur, le volume, les proportions et la présence physique de l’objet deviennent autant d’éléments susceptibles de retenir l’attention.

L’emballage cesse alors d’être un simple support publicitaire. Il se donne à voir pour lui-même, comme une forme dont la valeur ne dépend plus exclusivement de son contenu ou de son identification commerciale.

Cette opération soulève une question plus large : qu’est-ce qui fait qu’un objet devient une œuvre d’art ? Est-ce sa matière, son apparence, le regard que nous lui portons ou l’intervention de l’artiste qui en transforme le statut ?

Avec Errata, Jean-Luc Moulène ne livre pas de réponse définitive. Il crée les conditions d’un déplacement, laissant au spectateur le soin de reconsidérer ce qu’il croyait connaître.

Treize artistes, treize regards sur La Vache qui rit®

Depuis 2014, Lab’Bel invite chaque année un artiste contemporain à s’emparer de la boîte de 24 portions de La Vache qui rit® pour en proposer une interprétation personnelle. L’édition conçue par Jean-Luc Moulène s’inscrit dans cette collection qui réunit désormais treize signatures majeures de la scène artistique internationale.

La première collaboration revient à Hans-Peter Feldmann, qui joue avec l’expression de la vache en lui ajoutant un nez de clown. Thomas Bayrle, dont le travail entretient depuis longtemps un lien avec l’imagerie de la marque, explore ensuite la répétition du motif et sa puissance graphique.

Jonathan Monk, Wim Delvoye et Karin Sander poursuivent cette exploration en intervenant sur l’image, les codes promotionnels ou la reconnaissance du personnage. Daniel Buren, quant à lui, décline les boîtes en quatre variantes, conçues comme des éléments modulaires susceptibles d’être associés dans des installations.

Mel Bochner travaille sur le rire à travers les onomatopées, tandis que Rosemarie Trockel et Franz Erhard Walther jouent sur la disparition ou la recomposition de signes familiers. Martha Wilson questionne les représentations de la féminité en transformant l’apparence de la vache. Avec Monavache, Cildo Meireles convoque l’histoire de l’art et l’iconicité de certaines figures célèbres.

En 2025, Henrik Olesen s’appuie notamment sur l’histoire de la marque et la pensée de Donna Haraway pour aborder les questions de diversité, d’égalité et d’inclusion.

Chaque édition constitue ainsi une proposition indépendante, mais toutes partagent un même point de départ : un objet industriel dont la simplicité apparente offre un champ d’interprétation particulièrement riche.

L’intérêt de la collection réside dans cette diversité. Certains artistes privilégient le jeu graphique, d’autres s’attachent à la répétition, au langage, à la représentation ou aux mécanismes de la société de consommation. Jean-Luc Moulène poursuit cette exploration en choisissant, pour sa part, la voie de l’effacement.

Lab’Bel, un laboratoire artistique entre culture et quotidien

Créé en 2010, Lab’Bel, le Laboratoire artistique du Groupe Bel, développe des projets qui rapprochent la création contemporaine d’un public aussi large que possible. La série des Boîtes Collector en est l’une des initiatives les plus emblématiques.

Son principe est simple en apparence : proposer une édition artistique à un prix accessible, en utilisant un objet familier comme support de création. Mais derrière cette formule se dessine une ambition plus large, celle de déplacer les frontières entre art et vie quotidienne, entre objet de consommation et œuvre à collectionner.

Les boîtes offrent en effet une double possibilité. Leur contenu peut être dégusté, conformément à leur destination première, ou bien conservé intact, comme une pièce de collection. Elles circulent ainsi entre les cuisines, les bibliothèques et les collections privées, échappant aux lieux traditionnellement associés à l’art contemporain.

Le projet repose également sur une histoire singulière, celle des relations entretenues par La Vache qui rit® avec les artistes depuis les premières décennies du XXe siècle.

Dès 1923, l’illustrateur Benjamin Rabier contribue à façonner l’identité visuelle de la marque avec le dessin de la célèbre vache souriante. Par la suite, des artistes et illustrateurs tels qu’Alain Saint-Ogan, Marcel Lenoir, Bernard Rancillac ou Marcel Broodthaers participent, chacun à leur manière, à cette histoire faite d’emprunts, de détournements et de collaborations.

Les Boîtes Collector prolongent cet héritage tout en lui donnant une dimension contemporaine. Elles permettent aux artistes de confronter leur pratique à un objet immédiatement identifiable, mais aussi d’interroger ce qui fonde la valeur d’une marque et la manière dont celle-ci s’inscrit dans notre culture visuelle.

Au fil des éditions, la collection a également trouvé sa place dans le monde institutionnel. La série est notamment représentée dans les collections du MUCEM, du FRAC Picardie et du MMK de Francfort. En 2025, l’ouvrage Rires en Boîtes lui a été entièrement consacré.

Une édition 2026 à découvrir à Paris Internationale

La treizième Boîte Collector La Vache qui rit®, conçue par Jean-Luc Moulène et placée sous le commissariat d’Erik Verhagen, sera présentée en avant-première à l’occasion de la foire d’art contemporain Paris Internationale, du 19 au 24 octobre 2026.

Le rendez-vous se tient au 187-189, quai de Valmy, dans le 10e arrondissement de Paris. L’événement permettra également de découvrir, pour la première fois au public, un ensemble représentatif des œuvres qui composent le corpus Errata de l’artiste. Une occasion de mieux comprendre les recherches dont cette édition est l’aboutissement.

Un T-shirt inédit à l’effigie de La Vache qui rit®, conçu par Jean-Luc Moulène, sera également proposé à la vente aux collectionneurs.

Après cette présentation, la boîte sera disponible, dans la limite des stocks, sur la boutique en ligne de la marque et dans plusieurs lieux culturels ou commerciaux parisiens, dont La Grande Épicerie de Paris, la librairie du Jeu de Paume et la librairie-boutique du Palais de Tokyo. Elle sera également proposée à La Maison de La Vache qui rit, à Lons-le-Saunier, dans le Jura.

Les modalités de distribution pouvant évoluer, la liste actualisée des points de vente est à consulter sur le site de Lab’Bel.

Une boîte de fromage, un objet d’art et une autre manière de regarder le quotidien

Avec Errata, Jean-Luc Moulène poursuit une réflexion engagée il y a plus de trente ans sur les objets manufacturés et les signes qui les accompagnent. En retirant à la boîte une partie de son langage commercial, il en modifie la perception et nous invite à regarder autrement un produit familier.

Cette édition illustre aussi la singularité du projet porté par Lab’Bel : faire entrer l’art contemporain dans le quotidien sans lui retirer sa complexité, tout en donnant à chacun la possibilité de s’en approprier les formes.

Reste alors un choix, presque amusant au regard de la démarche : ouvrir la boîte pour en partager le contenu ou la préserver comme une œuvre de collection. Dans les deux cas, l’objet aura déjà changé de statut. Et c’est peut-être là toute la réussite de cette collaboration : nous rappeler que l’art peut surgir là où nous ne prenons plus le temps de regarder.

Informations pratiques

Boîte Collector La Vache qui rit® – Errata, Jean-Luc Moulène

  • Artiste : Jean-Luc Moulène
  • Commissaire de l’édition 2026 : Erik Verhagen
  • Avant-première : du 19 au 24 octobre 2026, à Paris Internationale
  • Adresse : 187-189, quai de Valmy, 75010 Paris
  • En ligne : boutique.lavachequirit.com⁠Attachment.png
  • Autres points de vente : La Grande Épicerie de Paris, librairie du Jeu de Paume, librairie-boutique du Palais de Tokyo et La Maison de La Vache qui rit à Lons-le-Saunier
  • Disponibilité : dans la limite des stocks disponibles
  • Informations complémentaires : www.lab-bel.com⁠Attachment.png

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