Guy Boley lauréat du 90e Prix des Deux Magots pour « À ma sœur et unique »

Le jury du Prix des Deux Magots, présidé par Étienne de Montety

s’est réuni lundi 25 septembre au café-restaurant Les Deux Magots, afin de distinguer le lauréat parmi les quatre finalistes de sa 90e édition.

© Ayka Lux

À 7 voix contre 5 pour Humus de Gaspard Kœnig (L’Observatoire), le jury a choisi de récompenser Guy Boley pour son roman À ma sœur et unique, paru aux éditions Grasset.

Guy Boley a publié trois ouvrages aux éditions Grasset : Fils du feu (2016), lauréat de six prix littéraires (Grand Prix SGDL du premier roman, Prix Georges Brassens, Prix Millepages, Prix Alain-Fournier, Prix Françoise Sagan…), Quand Dieu boxait en amateur (2018), lauréat de sept prix, et Funambule majuscule (2021).

Suivant la tradition établie par la famille Mathivat, propriétaire des Deux Magots depuis quatre générations, le lauréat a reçu des mains de Catherine Mathivat un chèque de 7 700€.

Il succède à Louis-Henri de La Rochefoucauld, lauréat 2022 pour son livre Châteaux de sable (Robert Laffont).

Créé en 1933, en réaction au Prix Goncourt jugé trop académique, et attribué à Raymond Queneau pour son premier roman Le Chiendent, le Prix des Deux Magots a pour vocation de mettre en lumière un talent littéraire, romancier ou essayiste, qui vient d’éclore ou qui ne bénéficie pas de la reconnaissance qu’il mérite.

Toutefois, le choix du jury procédant largement de son enthousiasme et de ses coups de cœur, il ne s’interdit pas d’accorder ses suffrages à un ouvrage ne répondant pas aux critères établis. Car tel est son bon plaisir, qui est aussi celui de l’esprit des lieux — artistique et non-conformiste par excellence.

Comptant parmi les plus anciennes et prestigieuses distinctions littéraires françaises, le Prix des Deux Magots rivalise désormais avec ses illustres aînés en devenant le premier grand prix remis lors de la rentrée littéraire de l’automne.

Elisabeth Förster fut l’unique sœur de Friedrich Nietzsche, écrivain, philologue, philosophe, être perpétuellement souffrant, vivant dans une solitude totale. De deux ans sa cadette, elle fut sa première lectrice, compagne, admiratrice. Tôt, elle se promet de tout faire pour que brille l’œuvre de son frère à laquelle elle n’entend rien. Elle le soignera, l’assistera, le portera. Et ira jusqu’à vendre ses écrits à Adolf Hitler.

Dans ce roman écrit d’un souffle, Guy Boley retrace chaque épisode de leurs vies : de leur enfance complice au mariage d’Elisabeth avec Bernhard Förster, antisémite déclaré avec lequel elle part en 1886 au Paraguay, fonder la colonie Nueva Germania. Pour revenir trois ans après, au chevet de son frère tombé dans la folie, inconscient, alité, qu’elle dit soigner mais qu’elle va trahir.

90 ans de littérature et de liberté d’esprit à Saint-Germain-des-Prés.

Pour son 90° anniversaire, le Prix des Deux Magots, qui ouvre désormais la saison des récompenses de l’automne, a célébré 90 ans de littérature et de liberté d’esprit à Saint-Germain-des-Prés. Une journée ponctuée par de nombreux événements, en présence de grandes personnalités des lettres et des arts.

Brigitte Fossey, Marc Lambron, Éric Neuhoff et Étienne de Montety, réunis en table ronde par Jean-Yves Clément, ont débattu joyeusement sous l’œil attentif des deux mandarins emblématiques du café pour répondre à la question : « Qu’est devenu l’esprit artistique de Saint-Germain-des-Prés aujourd’hui ? ».

À la suite d’une discussion animée, Alain Souchon a rejoint Étienne de Montety pour une causerie sur « L’Esprit rive gauche », partageant son plaisir d’être accueilli dans l’ambiance amicale des Deux Magots.

Les célébrations se sont prolongées dans la soirée autour de grandes personnalités du théâtre : Julie Depardieu et Francis Huster ont ranimé les illustres figures de Saint-Germain-des-Prés à travers la lecture de lettres de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Albert Camus et Maria Casarès.

Boris Vian a ressuscité sous la baguette de Nicolas Simon, à la tête de La Symphonie de Poche, ensemble instrumental unique et original, accompagné par la soprano Agathe Peyrat et le baryton Arnaud Marzorati.

Un dîner gastronomique a clôturé cette soirée exceptionnelle

Un livre 90 ans du Prix des Deux Magots paru aux éditions Le Passeur retrace l’histoire du prestigieux prix à travers les témoignages de ses lauréats et de son jury.

Le prix des Deux Magots, déjà nonagénaire, promet de faire un joli et solide centenaire.

Prochain rendez-vous, dernier lundi de septembre 2024

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