En février dernier, la marque Paon Paon a ouvert sa première boutique parisienne.
Des souliers luxueux et élégants conçus à Paris et façonnés à Milan.
Le jour de l’inauguration de la boutique située au 11 rue du Dragon, dans le 6ème arrondissement, j’ai eu le plaisir de rencontrer Aurélie Introzzi, directrice de la création chez Paon Paon.
Elle a aimablement accepté de répondre à quelques questions afin de nous faire découvrir l’univers et l’élégance de cette marque de souliers.

– Les souliers plus que tout autre accessoire évoquent la féminité, mais aussi la posture, le mouvement et même une silhouette… On ne porte pas des sandales dorées comme on porte des boots à semelles épaisses ni des sabots fourrés et donc, comment décririez-vous la femme Paon Paon tant au niveau de sa posture, des ses habitudes, des lieux qu’elle fréquente …
Aurelie: La femme Paon-Paon est instinctive, libre, spontanée. Elle ne s’habille pas pour séduire, mais pour se sentir intensément vivante. Sa posture vient de l’intérieur. Lorsqu’elle entre quelque part, on ressent sa présence. Elle assume d’être elle, d’être parfois “trop”. Et c’est dans cet excès assumé que naît son élégance.

– Vos créations sont imaginées à Paris et façonnées à Milan. Dans votre processus créatif, comment arrivez-vous à concevoir puis à mettre en œuvre ce dialogue entre les deux cultures?
Aurelie: Entre Paris et Milan, le dialogue est naturel, presque familial. Je suis française et mariée à un Italien. J’ai vécu six ans à quelques pas des ateliers partenaires, avec lesquels je collabore depuis plus de treize ans. Ce lien n’est pas une stratégie, mais une histoire de vie. La culture française apporte le goût de la ligne et de la nuance. L’Italie incarne l’amour du geste, la passion du détail, l’exigence de l’excellence artisanale. Ce va-et-vient constant nourrit chaque collection. C’est un travail d’équipe où la confiance compte autant que le savoir-faire.

Vous parlez souvent d’élégance intuitive et de luxe non ostentatoire. À une époque où tout se montre, tout se revendique, ne trouvez vous pas hasardeux de faire ce choix qui semble presque un acte de résistance ?
La maison défend un luxe qui n’a pas besoin de s’afficher. Une élégance intuitive. Un luxe intérieur, qui se ressent avant de se voir. Quelque chose de plus silencieux, mais aussi plus durable.
– Question un peu plus intime – et là je m’adresse plutôt à la créatrice qu’à la directrice artistique – la “Wild Collection 25” convoque la nature, la sensualité, une forme de liberté presque instinctive. Quelle part de vous-même avez-vous laissée entrer dans cette collection – et quelle part, au contraire, avez-vous volontairement tenue à distance ?
La Wild Collection s’inscrit dans cette conviction. Elle exprime un désir de liberté, un refus des diktats, une volonté de transmettre de la force. L’expression est libre, instinctive. Rien n’est lissé. Seules les peurs sont tenues à distance. Cette collection parle de confiance, d’élan, d’audace et de spontanéité.
– Avec l’ouverture de la première boutique parisienne rue du Dragon et la présence au Printemps Haussmann, Paon-Paon entre physiquement dans le quotidien des femmes. Que souhaitez-vous qu’une cliente ressente en essayant une paire pour la première fois, seule face au miroir ?
Ce qui compte, au moment où une cliente essaie une paire, c’est son expérience sensorielle.
L’envie instinctive de toucher la matière. De percevoir, sans discours, la qualité du cuir, la précision des finitions, l’attention portée à chaque détail.
Puis, une fois les chaussures aux pieds, presque sans y penser, le corps réagit. La posture s’ajuste. L’allure se dessine naturellement.
Une chaussure peut transformer une silhouette.
Si elle repart plus ancrée, plus confiante, plus fidèle à elle-même, alors l’expérience a dépassé l’objet.

– Les coloris de Paon-Paon oscillent entre teintes vibrantes, ors lumineux et nuances plus classiques. Comment choisissez-vous une couleur : est-ce un souvenir, une sensation, un paysage italien ou un moment de vie qui déclenche la palette d’une collection ?
Aurelie: Je choisis les couleurs de façon instinctive, en me laissant guider par ce que je ressens.
Chaque saison a son énergie, et j’aime la traduire à travers des teintes, des nuances et des textures.
Pour moi, la couleur est essentielle. Elle donne le ton, elle crée l’atmosphère.
Le bon accord transmet, avec douceur et justesse, l’émotion et l’élan positif du moment.
– Parmi les modèles de la collection, y en a-t-il un que vous préférez ? Celui que vous auriez choisi d’emblée et qui vous ressemble le plus aujourd’hui, et pourquoi ?
Mon modèle préféré change selon mon énergie. Aujourd’hui, je porte une paire de boots Oscar noire, avec un jean oversize. J’aime sa présence discrète, son élégance cool. Une chaussure ne doit jamais imposer un personnage. Elle doit accompagner un mouvement intérieur.
– Et si, dans quelques années en Europe ou sur un autre continent, vous croisez une femme portant une paire de Paon-Paon un peu patinée par la vie, les voyages, les nuits et les élans spontanés… quelle sera votre première émotion ?
Aurelie : Croiser une femme portant des Paon-Paon patinées par le temps est une joie. Cela signifie qu’elles ont vécu, voyagé, dansé, traversé des moments forts. Une chaussure peut devenir une partenaire de vie. Si elle est restée longtemps aux côtés de celle qui la porte, c’est qu’un lien s’est créé. C’est sans doute le plus beau compliment.
– Comment voyez vous l’évolution de la marque ?
L’avenir de la marque s’écrit collectivement. Paon-Paon est une aventure d’équipe, faite de relations fidèles avec ses collaborateurs et ses artisans italiens. Grandir, oui — sans perdre l’humanité qui fonde chaque décision. Continuer à croiser les savoir-faire, à créer du sens, à faire dialoguer les sensibilités.
Paon-Paon, c’est un grain de folie dans le luxe.
Un grain de folie profondément humain.
Un immense merci à Aurélie de nous avoir permis de découvrir cette belle marque !
Vous pouvez retrouver tous les modèles en ligne, au Printemps Haussmann ou à la boutique Paon Paon , 11 rue du Dragon à Paris.